Généralités sur la Doctrine Sociale de l’Eglise

Définition
La Doctrine Sociale de l’Église catholique est l’ensemble des principes, enseignements et recommandations de l’Église relatifs aux orientations et aux actions en matière politique, sociale et économique.

Caractéristiques
La Doctrine Sociale de l’Église trouve sa source dans les préceptes de la morale naturelle et dans les enseignements évangéliques. Elle se déploie à partir des textes des Pères de l’Église, des Encycliques pontificales et des mises en application réalisées par des chefs d’État, des responsables engagés dans des activités politiques, sociales et économiques.



La doctrine sociale de l’Église traite :
-    des droits et devoirs de toute personne humaine à l’égard de ses semblables ;
-    de ses rapports avec les communautés naturelles dans lesquelles il vit (famille, métiers, associations, communes, État notamment) ;
-    des rapports de ces communautés naturelles (appelées corps intermédiaires) entre elles ;
-    des rapports des corps intermédiaires avec l’État ;
-    du rôle de l’État et de ses rapports avec l’Église ;
-    des positions que l’Église est amenée à prendre envers les fausses doctrines ou idéologies à caractère social.

En matière d’organisation sociale, l’enseignement de l’Église met en lumière :
-    le respect de la famille dans laquelle l’enfant fait le premier apprentissage de la vie sociale ;
-    le droit de propriété, gardien de l’indépendance de la famille ;
-    l’organisation des métiers, garant du droit au travail et base de la défense sociale et professionnelle de ceux qui les exercent ;
-    la formation professionnelle, facteur de solidarité professionnelle et source de développement personnel et de progrès techniques pour la collectivité ;
-    la soumission des autorités de l’État à la loi divine et à l’autorité de l’Église qui en est la gardienne ;
-    la protection et l’aide que les autorités de l’État doivent apporter à l’Église ;
-    en matière économique, la théorie du juste prix qui réglemente les échanges commerciaux. En effet, comme le souligne Pie XI dans l'encyclique Quadragesimo anno du 15 mai 1931 : "on ne peut attendre du libre jeu de la concurrence l'avènement d'un régime économique bien ordonné."
-     la condamnation de l’usure, considérée comme une source de profit à peu d’effort et à peu de risques, et un moyen pour le riche de voler le pauvre.


L’émergence et le développement
Cette organisation s’est peu à peu mise en place au fil des siècles, déjà dans les premières communautés chrétiennes confrontées à la persécution et souvent conduites à la mise en commun des biens des personnes, à l’esclavage, au droit romain en matière de propriété ou d’exercice des métiers.
Plus tard, les premiers empereurs et rois chrétiens, aidés par l’Église, jetteront les bases d’un ordre social prenant en compte :
-    les rapports du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel (St Rémi)
-    les rapports du politique et de l’économique (St Éloi) ;
-    l’organisation de l’enseignement (Charlemagne) ;

La consolidation et l’apogée
Au Moyen Age, prend forme une organisation sociale fondée sur trois ordres :
-    les ORATORES (ceux qui prient) : le clergé (séculier et régulier). Ils assurent le salut de l’âme, les soins du corps (hôpitaux) et l’enseignement ;
-    les BELLATORES (ceux qui combattent) : la chevalerie. Ils assurent la sécurité intérieure et extérieure ;
-    les LABORATORES (ceux qui travaillent). Ils assurent la subsistance matérielle de l’ensemble du corps social.

C’est à cette époque que prennent forme définitivement les enseignements relatifs au droit de  la guerre et à la protection des populations (Saint Thomas d’Aquin), ainsi que les œuvres sociales de soins aux malades, l’exercice des métiers, l’assistance aux parents âgés (Saint Louis).

L’effritement et l’éclatement
Malgré les efforts des rationalistes, des humanistes et du protestantisme pour en détruire les fondements, ce mode d’organisation subsistera jusqu’à la Révolution française. Celle-ci balaie tout, mais les divergences et les rivalités des révolutionnaires entre eux font qu’ils sont incapables de proposer une organisation sociale cohérente, laissant la place aux ambitions impériales, libérales, socialistes.

La relance et le renouveau
Après un siècle d’excès, d’indécisions, d’erreurs, de confusion, d’anarchie, d’injustices, l’Église, par la voix de ses pontifes, Léon XIII, Saint Pie X, Pie XI, Pie XII notamment, propose un ensemble important de textes destinés à présenter la position de l’Église sur tous les problèmes sociaux de notre époque.

Ils sont soutenus dans leur enseignement par les tentatives de mises en application préconisées par les catholiques sociaux, français notamment, comme La Tour du Pin.

icone pdf