Généralités sur la famille

L’homme est un être social voué par sa nature à vivre avec ses semblables.
« La famille est le berceau de la société civile et c’est en grande partie dans l’enceinte du foyer domestique que se prépare la destinée des États. »
                        Léon XIII - Sapientiæ Christianæ - § 54 - 1890


Caractère sacré du mariage
La famille est la première, la plus naturelle, la plus fondamentale des sociétés. Elle est fondée sur l’indissolubilité du mariage, sur la complémentarité et l’amour mutuel des personnes qui la composent.
« Le mariage n’a pas été institué par les hommes, mais par Dieu ; ce n’est pas par les hommes, mais par l’auteur même de la nature  et par le restaurateur de la nature, le Christ Notre-Seigneur, que le mariage a été muni de ses lois, confirmé, élevé …
…la volonté humaine y a cependant sa part qui est très noble, car chaque mariage particulier, en tant qu’il constitue l’union conjugale entre un homme et une femme déterminés, n’a d’autre origine que le libre consentement des deux époux. »
                        Pie XI – Casti Connubii – Déc. 1930

Finalité du mariage
La première et la plus importante finalité est la procréation et l’éducation des enfants.
« Que la procréation des enfants soit la raison du mariage, l’Apôtre en témoigne en ces termes (1 Tim v 14) : je veux que les jeunes filles se marient. Mais pourquoi ? Qu’elles procréent des enfants, qu’elles soient mères de famille. »
                        Saint Augustin commentant St Paul

Le soutien mutuel des époux ne vient qu’en second lieu.

Priorité de la société domestique sur la société civile
« La famille, c’est à dire la société domestique, société très petite, mais réelle est antérieure à la société civile, à laquelle il faudra, de toute nécessité, attribuer certains droits et certains devoirs absolument indépendants de l’État. »
                        Léon XIII – Rerum Novarum - §442

« La société domestique a, sur la société civile, un priorité logique et une priorité réelle… C’est une erreur grave et funeste de vouloir que le pouvoir civil pénètre à sa guise jusque dans le sanctuaire de la famille.
« S’il arrive qu’une famille se trouve dans une situation matérielle critique et que, privée de ressources, elle ne puisse d’aucune manière en sortir par elle-même, il est juste que, dans de telles extrémités, le pouvoir public vienne à son secours, car chaque famille est un membre de la société. De même, si un foyer domestique est le théâtre de graves  violation des droits mutuels, il faut que le pouvoir public y rétablisse le droit de chacun. »
                        Léon XIII – Rerum Novarum - §443

La mission du père
Il est le chef de famille à l’image de St Joseph. C’est au père qu’il appartient de subvenir aux besoins spirituels, intellectuels, matériels de chaque membre de la famille, d’assurer les soins du corps et de l’âme, de garantir ou faire garantir la sécurité de chacun. Il lui appartient de veiller sur le patrimoine familial recueilli de ses ancêtres et de le développer par son travail en respectant les principes attachés à l’exercice du droit de propriété. Enfin il est de son devoir de participer à la vie sociale et de contribuer à la recherche et à la préservation du bien commun.
« La nature impose au père de famille le devoir sacré de nourrir et d’entretenir ses enfants. De plus, comme les enfants reflètent la physionomie de leur père et sont une sorte de prolongement de sa personne, la nature lui inspire de se préoccuper de leur avenir et de leur créer un patrimoine qui les aide à se défendre honnêtement dans les vicissitudes de la vie, contre les mauvaises surprises de la mauvaise fortune. »
                        Léon XIII – Rerum Novarum - §442

« Votre premier devoir…est de pourvoir…à la conservation, à la santé corporelle, intellectuelle, morale et religieuse de la famille. Et ce devoir comporte évidemment celui de défendre ses et de promouvoir ses droits sacrés, celui en particulier de remplir ses obligations envers Dieu, de constituer, dans toute la force du terme, une société chrétienne. »
                        Pie XII – Discours aux pères de famille - 1951

La mission de la mère
La place naturelle de la mère est au foyer en raison du besoin que l’enfant a de sa présence surtout lors des premières années de sa vie. Par ses activités, elle complète, à l’intérieur du foyer celles du père à l’extérieur. Elle est aussi le complément affectif du père.
« Si, en effet, le mari est la tête, la femme est le cœur, et, comme le premier possède la primauté du gouvernement, celle-ci peut revendiquer comme sienne cette primauté de l’amour. »
                                Pie XI – Casti Connubii - 1930

Éducation des enfants au plan naturel
A ce titre, la famille est une communauté éducative. C’est d’abord dans la famille que l’enfant va développer ses aptitudes morales et intellectuelles, ses qualités de cœur et la maîtrise de sa volonté et apprendre à vivre en société.
Les enfants ont un devoir d’obéissance et de respect, qui, sans pour autant être remis en question, évolue au fil du temps vers plus de déférence et de conseil, notamment à l’âge adulte.
« Les fils sont quelque chose de leur père ; ils doivent rester sous la tutelle des parents jusqu’à ce qu’ils aient acquis l’usage du libre arbitre. »
                        Saint Thomas – Som. Théol. II-II qu. 10a
Education au plan spirituel
Mais, bien plus que l’éducation naturelle, c’est l’éducation spirituelle qui doit être prioritaire. Les parents ont la grave obligation de tout faire pour la sanctification de leurs enfants. La première raison est qu’ils ne savent pas les desseins de Dieu sur eux qui peut les rappeler à Lui à tout moment.
Cette obligation s’étend au choix des écoles ; les parents catholiques doivent non seulement refuser l’école publique pour leurs enfants, mais limiter leur choix aux écoles véritablement et pleinement catholiques.

L’assistance aux parents âgés
Plus tard, les enfants devenus eux-mêmes chargés de famille, doivent néanmoins assistance à leurs parents âgés si ceux-ci se trouvent dans le besoin ou que leur état de santé le nécessite.
« Nous ne voulons pas manquer ici d’exhorter spécialement les pères de famille à régler d’après ces préceptes (la charité, lien de la perfection) le gouvernement de leurs maisons et la première éducation de leurs enfants…
…Aussi bien, ceux qui veulent en finir avec les institutions chrétiennes s’efforcent-ils de s’attaquer aux racines mêmes de la famille et de la corrompre prématurément dans ses plus tendres rejetons. Ils ne se laissent point détourner de cet attentat par la pensée qu’une telle entreprise ne saurait s’accomplir sans infliger aux parents le plus cruel outrage, car c’est à eux qu’il appartient, en vertu du droit naturel, d’élever ceux auxquels ils ont donné le jour, avec l’obligation d’adapter l’éducation et la formation de leurs enfants à la fin pour laquelle Dieu leur a donné de leur transmettre le don de la vie. »
                        Léon XIII - Sapientiæ Christianæ - § 54 - 1890

« Dans cette collaboration des laïques à l’apostolat, de nos jours si importantes à promouvoir, une mission spéciale incombe à la famille…
Tant que, dans le foyer domestique, resplendit la flamme sacrée de la foi en Jésus-Christ, tant que les parents s’emploient à former et à modeler la vie de leurs enfants conformément à cette foi, la jeunesse sera toujours prête à reconnaître le Rédempteur dans ses prérogatives royales…La famille reste le refuge providentiel et, en un certain sens, inattaquable de la vie chrétienne. »
                        Pie XII - Summi Pontificatus - 1939

« (les parents) doivent s’opposer absolument à ce que leurs enfants fréquentent les écoles où ils sont exposés à boire le funeste poison de l’impiété.. Quand il s’agit de la bonne éducation de la jeunesse, on n’a jamais le droit de fixer de limites à la peine et au labeur qui en résultent, si grand qu’ils puissent être. »
                        Léon XIII - Sapientiæ Christianæ - § 54 – 1890
 

La famille et les autres sociétés
Bien que seule communauté naturelle avec la société civile, la famille ne dispose pas par elle-même de tous les moyens nécessaires pour faire face à tous les évènements de la vie. Elle a besoin du soutien d’autres formes de communautés (travail, enseignement, soins, commerces…) sans que pour autant ces communautés se substituent à elle pour ce qu’elle est capable ou qu’elle a le devoir de faire. Elles doivent au contraire favoriser l’autonomie de la famille.
En contrepartie, les membres de la famille doivent répondre aux exigences du bien commun et participer à la vie des autres communautés. C’est d’ailleurs l’occasion, pour les parents, de développer chez leurs enfants le sens civique et social.

 

Bibliographie

-       Encycl. Sapientiæ Christianæ – Principaux devoirs civiques des chrétiens

-       Encycl. Rerum Novarum – Conditions des ouvriers

-       Encycl. Casti Connubii – le mariage chrétien

-       Encycl. Divini Illus Magistri – l’éducation chrétienne des enfants

-       Discours aux pères de famille

Léon XIII

Léon XIII

Pie XI

Pie XI

Pie XII

1890

1891

1930

1929

1951

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