La propriété

Dans son enseignement relatif au concept de propriété, l’Eglise distingue :

-          la possession ;

-          l’usage ;

-          la transmission.

En ce domaine comme dans les autres, le bien privé, bien que légitime, est ordonné au bien commun.

 

Droit de propriété, droit naturel

« A l’égard des biens extérieurs, l’homme possède deux privilèges. Le premier est celui de pouvoir les acquérir pour les utiliser. Et il est légitime que l’homme possède des biens, car cette possession est nécessaire à la vie humaine. »

                                                                                   Saint Thomas – Sum Théol II, II, 66, a2

« Et l’homme a non seulement le privilège de posséder des biens extérieurs, mais aussi celui d’en user. Il ne doit pas cependant les garder pour lui, mais les considérer comme appartenant à tous, afin d’être disposé à les mettre au service des autre en cas de besoin. »

                                                                                  Saint Thomas – Sum Théol II, II, 66, a2

« Ce n’est pas des lois humaines mais de la nature qu’émane le droit de propriété individuelle. L’autorité publique ne peut donc l’abolir ; tout ce qu’elle peut, c’est en tempérer l’usage et le concilier avec le bien commun. »

                                                                                  Léon XIII – Rerum Novarum

« Toujours en effet doivent rester intact le droit naturel de propriété et celui de léguer ses biens par voie d’hérédité ; ce sont des droits que l’autorité politique ne peut abolir, car l’homme est antérieur à l’Etat et la société domestique a sur la société civile une priorité logique et une priorité réelle. »

                                                                                  Pie XI – Quadragesimo Anno

Caractère social de la propriété privée

« Le partage des biens et leur appropriation selon le droit humain ne suppriment pas la nécessité pour les hommes d’user de ces biens en vue des besoins de tous. Dès lors, les biens que certains possèdent en surabondance sont destinés à secourir les pauvres. »

                                                                                  Saint Thomas – Sum Théol II, II, 66, a7

« Il y a certaines catégories de biens pour lesquels on peut soutenir avec raison qu’ils doivent être réservés à la collectivité, lorsqu’ils en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut, sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains des personnes privées. »

                                                                                  Pie XI – Quadragesimo Anno

« Le pain que tu gardes appartient à ceux qui ont faim ; les vêtements que tu caches appartiennent à ceux qui sont nus et l’argent que tu enfouis est le rachat et la délivrance des malheureux. »

                                                                                  Saint Ambroise cité par Saint Thomas

Utilisation du bien d’autrui sans son consentement

« En cas de nécessité évidente et urgente, où il faut manifestement prendre ce qui est sous la main pour subvenir à un besoin vital, par exemple quand on se trouve en danger et qu’on ne peut pas faire autrement, il est légitime d’utiliser le bien d’autrui pour subvenir à ses propres besoins ; on peut le prendre, ouvertement ou en cachette, sans pour autant commettre réellement un vol ou un larcin. »

                                                                                  Saint Thomas – Sum Théol II, II, 66, a7

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