Education et enseignement

Document de référence : Encyclique « Divini Illius Magistri » - Pie XI – 31 décembre 1929

Les 3 parties de l’encyclique :

-          les éducateurs

-          le sujet de l’éducation

-          le milieu de l’éducation

« Puisque l’éducation consiste dans la formation de l’homme, lui enseignant ce qu’il doit être et comment il doit se comporter dans cette vie terrestre pour atteindre la fin sublime en vue de laquelle il a été créé, il est clair qu’il ne peut y avoir de véritable éducation qui ne soit toute entière dirigée vers cette fin dernière. »

                                                                                                          § 2

« On voit par là l’importance suprême de l’éducation chrétienne, non seulement pour chaque individu, mais aussi pour les familles et pour toute la communauté humaine, dont la perfection suit nécessairement la perfection des éléments qui la composent. »

                                                                                                          § 2

« Qu’y a-t-il de plus grand que de gouverner les âmes et de former les jeunes gens aux bonnes mœurs. »                                                                 St Jean Chrysostome

-          A qui appartient-il de donner l’éducation ?

-          Quel est le sujet de l’éducation ?

-          Quelles conditions de milieu requiert-elle nécessairement ?

-          Quelle est le fin et le forme propre de l’éducation chrétienne selon l’ordre établi par Dieu dans l’économie de sa Providence  ?

L’éducation est nécessairement œuvre de l’homme en société, non de l’homme isolé.

 

1 – Les éducateurs

 

de droit naturel

- la famille (société imparfaite1)

- la société civile (société parfaite)

 

de droit surnaturel

- l’Eglise

« En premier lieu, la famille, instituée immédiatement par Dieu pour sa fin propre, qui est la procréation et l’éducation des enfants. Elle a pour cette raison une priorité de nature, et par suite une priorité de droits, par rapport à la société civile. »

                                                                                                          § 3

« La société civile est une société parfaite, car elle a en elle tous les moyens nécessaires à sa fin propre, qui est le bien commun temporel. Elle a donc sous cet aspect, c’est à dire par rapport au bien commun, la prééminence sur la famille. »

                                                                                                          § 3

« (L’éducation) appartient d’une manière suréminente à l’Eglise à deux titres d’ordre surnaturel. »

                                                                                                          § 4

« Le premier titre se trouve dans la mission expresse et l’autorité suprême du magistère que son divin Fondateur lui a données : Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ; leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. »

« Le second titre est la maternité surnaturelle par laquelle l’Eglise engendre, nourrit et élève les âmes dans la vie divine de la grâce par ses sacrements et son enseignement. »

                                                                                                          § 4

« C’est un droit inaliénable de l’Eglise et en même temps un devoir, de veiller sur l’éducation de ses fils, les fidèles, en quelque institution que ce soit, publique ou privée, non seulement pour ce qui regarde l’enseignement religieux qu’on y donne, mais aussi pour toute autre matière ou organisation d’enseignement, dans la mesure où ils ont un rapport à la religion et à la morale. »

                                                                                                          § 4

2 - Mission de la famille

« Le père est principe de la génération, de l’éducation et de la discipline, et de tout ce qui se rapporte au perfectionnement de la vie humaine. »

                                               Saint Thomas, Sum theol. II–II, a 1 - cité par Pie XI

« Et puisque les parents ont l’obligation de donner leurs soins à l’enfant jusqu’à ce que celui-ci soit en mesure de se suffire, il faut admettre qu’ils conservent aussi longtemps le même droit inviolable sur son éducation. « La nature, en effet, poursuit le Docteur angélique, ne vise pas seulement à la génération de l’enfant, mais aussi à son développement et à son progrès pour l’amener à l’état parfait de l’homme en tant qu’homme, c’est à dire à l’état de vertu. » »

                                                                                                          § 9

« Les parents ont la très grave obligation de veiller, selon tout leur pouvoir, à l’éducation tant religieuse et morale que physique et civique de leurs enfants ; ils doivent aussi pourvoir à leur bien temporel. »

                                                                                                          § 10

« Les parents doivent…faire reconnaître, d’une manière absolue, le droit qu’ils ont d’élever leurs enfants chrétiennement, comme c’est leur devoir, et le droit surtout de les refuser à ces écoles dans lesquelles il y a péril qu’ils ne boivent le funeste poison de l’impiété. »

                                                                                                          § 11


Les rapports entre l’Eglise et la famille

« (l’Eglise) reste cependant si jalouse de l’inviolabilité du droit naturel de la famille en matière d’éducation qu’elle ne consent pas, sinon sous des conditions et garanties déterminées, à baptiser les enfants d’infidèles ou à disposer de leur éducation de quelque manière que ce soit contre la volonté de leurs parents, aussi longtemps que les enfants ne peuvent se déterminer d’eux-mêmes à embrasser librement le foi. »

                                                                                                          § 13

Mission de l’Etat

« L’éducation ne peut appartenir à la société civile de la même manière qu’à l’Eglise et à la famille, mais elle lui appartient dans un mode différent en rapport avec sa fin propre. »

                                                                                                          § 14

« La fonction de l’autorité civile est donc double : protéger et faire progresser la famille et l’individu, mais sans les absorber ou s’y substituer. »

                                                                                                          § 14

« C’est le droit et le devoir de l’Etat de protéger par ses lois le droit antérieur qu’a la famille sur l’éducation chrétienne de l’enfant. »

                                                                                                          § 15

« C’est le devoir de l’Etat de protéger le même droit de l’enfant, dans le cas où il y aurait déficience physique ou morale chez les parents par défaut, par incapacité ou par indignité …En pareil cas, exceptionnel du reste, l’Etat ne se substitue pas à la famille, mais il supplée à ce qui lui manque, toujours en conformité avec les droits naturels de l’enfant et les droits surnaturels de l’Eglise. »

                                                                                                          § 15

« Il appartient principalement à l’Etat, dans l’ordre du bien commun, de promouvoir de toutes sortes de manières l’éducation et l’instruction de la jeunesse. »

                                                                                                          § 16

« L’Etat peut exiger et faire en sorte que tous les citoyens aient la connaissance de leurs devoirs civiques et nationaux. »

                                                                                                          § 16

« L’Etat doit respecter les droits innés de l’Eglise …Est donc injuste et illicite tout monopole de l’éducation et de l’enseignement qui oblige physiquement ou moralement les familles à envoyer leurs enfants dans les écoles de l’Etat. »

                                                                                                          § 17


L’éducation civique

« Cette éducation consiste dans l’art de présenter publiquement à la raison, à l’imagination, aux sens des individus vivant en société, des objets qui soient de nature à provoquer la volonté au bien ou à l’y conduire par une sorte de nécessité morale, soit positivement, dans la manière même de les présenter, soit négativement, dans les moyens employés pour écarter ce qui leur serait contraire. »

                                                                                                          § 18

Les rapports entre l’Eglise et l’Etat

« L’éducation est une de ces choses qui appartiennent à l’Eglise et à l’Etat …et l’on a comparé avec raison cette harmonie à celle qui régit l’union de l’âme et du corps…l’un ayant comme fonction prochaine et propre de veiller à l’utile dans les choses qui passent, l’autre de procurer les biens célestes et éternels. »

                                                                                                          § 20

Education, foi et science

« La foi et la raison non seulement ne peuvent jamais se contredire, mais elles se prêtent une aide réciproque, parce que la droite raison établit les bases de la foi, et, éclairée par sa lumière, cultive la science des choses divines, tandis que la foi, de son côté, la libère ou la préserve de l’erreur et l’enrichit de connaissances diverses. »

                                                                                                          § 21

Mission du maître et ses limites

« Cette règle de la juste liberté scientifique est en même temps la règle inviolable de la juste liberté pédagogique. Elle doit être observée dans toute communication de doctrine faite à autrui. Cela devient obligation beaucoup plus grave dans l’enseignement de la jeunesse parce que le maître public ou privé n’a pas sur cet enseignement un droit absolu, mais un droit de participation …et ce serait leur causer (à l’enfant ou l’adolescent) un tort grave que de les troubler dans leur foi. »

                                                                                                          § 22

Participation de l’enfant

« Si par l’emploi de quelques uns de ces termes (autonomie, liberté, initiative) on voulait exprimer la nécessité chez l’enfant d’une coopération active, et graduellement toujours plus consciente, au travail de son éducation ; si l’on entendait par là ne vouloir écarter que l’arbitraire et la violence, on serait dans la vérité, mais on n’affirmerait rien de nouveau, rien que l’Eglise n’ait enseigné et pratiqué. »

Ecole et milieu éducatif

« A ne considérer que ses origines historiques, l’école est de sa nature une institution auxiliaire de la famille et de l’Eglise …l’école doit non seulement ne pas se mettre en contradiction, mais s’harmoniser positivement avec les deux autres milieux, dans l’unité morale la plus parfaite possible, de façon à constituer avec la famille et l’Eglise un seul sanctuaire consacré à l’éducation chrétienne. »

                                                                                                          § 31


« L’école dite neutre ou laïque, d’où est exclue la religion, est contraire aux premiers principes de l’éducation …La fréquentation des écoles non catholiques, ou neutres ou mixtes doit être interdites aux enfants catholiques. »

                                                                                                          § 32

« Il ne peut donc même être question d’admettre pour les catholiques cette école mixte où l’instruction religieuse étant donnée à part aux élèves catholiques, ceux-ci reçoivent tous les autres enseignements de maîtres non catholiques en commun avec les élèves non catholiques. »

                                                                                                          § 33

« Il est nécessaire que tout l’enseignement, toute l’ordonnance de l’école, personnel, programmes et livres, en tout genre de discipline, soient régis par un esprit vraiment chrétien sous la direction et la maternelle vigilance de l’Eglise, de telle façon que la religion soit le fondement et le couronnement de tout enseignement. »

                                                                                                          § 33

Le mot d’ordre :

« L’éducation catholique, pour la jeunesse catholique, dans des écoles catholiques. »

                                                                                                          § 34

Les bons maîtres

« C’est moins la bonne organisation que les bons maîtres qui font les bonnes écoles. Que ceux-ci, parfaitement préparés et instruits, chacun dans la partie qu’il doit enseigner, ornés de toutes les qualités intellectuelles et morales que réclament leurs si importantes fonctions , soient enflammés d’un amour pur et surnaturel pour les jeunes gens qui leur sont confiés, les aimant par amour pour Jésus-Christ et pour l’Eglise. »

                                                                                                          § 38

La direction et la formation de la jeunesse

« L’art des arts et la science des sciences » (St Grégoire de Nazianze)      § 38

Vivre dans la société moderne

« Il ne suit pas que la jeunesse ait à se séparer de cette société dans laquelle elle doit vivre et faire son salut, mais on en conclura qu’il convient, aujourd’hui plus que jamais, de la prémunir et de la fortifier chrétiennement contre les séductions et les erreurs du monde. »

                                                                                                          § 41

Synthèse en forme de conclusion

« L’éducation chrétienne embrasse la vie humaine sous toutes ses formes : sensible et spirituelle, intellectuelle et morale, individuelle, domestique et sociale, non certes pour la diminuer,, mais pour l’élever, la régler, la perfectionner. »

                                                                                                          § 43

 


1Imparfaite au sens où elle ne dispose pas en elle-même des moyens nécessaires pour atteindre sa fin (la famille a besoin d’aller chercher au-dehors la protection, les soins, une certaine instruction, etc.)

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