Pouvoir politique, économique, financier

Rappel

Le pouvoir est d’essence sociale.

Il est fondé sur le droit qui définit les règles de fonctionnement social.

Le droit a pour objet de subordonner le pouvoir à l’autorité.

Etat des lieux

Pouvoir politique, économique et financier sont si étroitement liés aujourd’hui qu’on ne sait plus très bien ce qui les unit et ce qui les différencie et se posent alors les questions :

-          quel est le pouvoir dominant ?

-          les trois pouvoirs sont-ils antagonistes ou complices ?

-          la situation actuelle est-elle le reflet d’un certain désordre ?

-          si oui, que faudrait-il faire et comment pour rétablir l’ordre ?

Définitions

-          Politique : art de gouverner la cité.

-          Economie : (du grec oikonomia – gouvernement de la maison) : science de l’utilisation des richesses utiles à la vie de la société.

-          Finance : art d’acquérir de l’argent (Aristote).

Domaines politique et économique

Ce sont ceux où se posent les problèmes les plus élevés de l’organisation sociale. Ce sont ceux dans lesquels prennent place la totalité des activités quotidiennes des êtres humains.

Politique - économie

La politique est le domaine privilégié de l’exercice de l’autorité sociale.

L’économie n’est un lieu de l’exercice de l’autorité sociale que de manière dérivée. En elle-même, l’économie n’est que l’exercice de l’autorité de l’homme sur les choses.

La relation économique est essentiellement une relation de propriété, en ce sens qu’elle exprime la supériorité de l’homme sur les choses qu’il s’approprie pour les finaliser.

L’autorité politique est première parce qu’elle concerne le bien commun de l’homme individuel et social.

« A tout prix il faut des hommes qui gouvernent, qui fassent des lois, qui rendent justice, qui, enfin, de conseil ou d’activité, administrent les affaires de la paix ou les choses de la guerre. A n’en pas douter, ces hommes doivent avoir la prééminence dans toute société et y tenir le premier rang puisqu’ils travaillent directement au bien commun ».

                                                                                  Léon XIII – Rerum Novarum - §466

Relation du politique et de l’économie

La relation politique intègre nécessairement, mais à titre subsidiaire, des relations économiques.

D’une part, parce que les mécanismes du pouvoir étant de nature matérielle, ont à être dominées de manière à les rendre plus efficaces au moindre coût.

D’autre part, parce que la mise en œuvre de certains biens est en rapport si direct avec le bien commun qu’il peut être bon que l’État s’en constitue propriétaire.

Il appartient au pouvoir politique de prendre les mesures nécessaires pour rester le maître de l’organisation générale de l’État, sans pour autant porter atteinte au pouvoir créateur de l’autorité économique.

Mais ce pouvoir politique n’a pour objet que ce bien commun qui n’est pas le tout de la personne, mais la condition de son épanouissement dans la diversité de ses facultés et de ses activités.

« Ceux, au contraire, qui s’appliquent aux choses de l’industrie, ne peuvent concourir au bien commun, ni dans la même mesure,ni par les mêmes voies ».

                                                                                  Léon XIII – Rerum Novarum - §466

L’économie est la principale de ces activités.

Dans son essence, elle échappe au pouvoir politique dont la seule mission à son égard est de lui permettre de s’exercer librement, dans le cadre de la loi protectrice du bien commun.

Subordination

C’est la recherche du juste équilibre dans les relations du pouvoir politique et du pouvoir économique, ce dernier étant subordonné au premier.

«  Le privé étant par nature subordonné au public et l’intérêt particulier à l’intérêt général, il est impossible de disjoindre l’économie du politique et de lui assurer une autonomie totale à l’égard de l’Etat. (L’économie) a besoin pour se déployer et atteindre son terme d’un pouvoir supérieur qui la soutienne et en assure le bon fonctionnement. »

                                                                       Marcel de Corte – L’économie à l’envers

Economie et finance

Pour subvenir aux besoins de l’économie, « l’économe » dispose de plusieurs sortes de biens : d’une part ceux qui sont produits par la nature ou issus d’elle, et d’autre part ceux qui sont inventés par l’homme pour le bon fonctionnement de l’activité économique, comme la monnaie. Cette dernière a été créée en vue des échanges des biens nécessaires à la vie.

La finance se situe, par rapport à l’économie, dans l’ordre des moyens.

« Il revient à la finance d’acquérir de l’argent et à l’économie de s’en servir…La finance sert l’économie dans la mesure où elle lui prépare ses instruments. »

                                                                       Aristote commenté par Saint Thomas d’Acquin

Etatisme

C’est la situation dans laquelle le pouvoir politique cherche à régenter la vie économique.

« La mission du droit public, en effet, est de servir le droit privé, non de l’absorber. L’économie, comme les autres branches de l’activité humaine, n’est pas , de par sa nature, une institution de l’Etat ; elle est, au contraire, le produit vivant de la libre initiative des individus et des associations librement constituées. »

                                                                       Pie XII – Discours du 7 mai 1949

C’est la situation dans laquelle le pouvoir économique exerce une influence exagérée sur la vie politique en cherchant à la diriger et à l’absorber.

La situation actuelle

Economisme et étatisme, bien que subsistant encore d’une certaine manière, sont aujourd’hui dépassés. Ils ont donné naissance à un état de choses nouveau qui les englobe tous les deux. Le théâtre économique de notre temps a dépassé le stade de l’étatisme ou de l’économisme pour laisser place au pouvoir de la « haute finance » qui dirige et absorbe tout à la fois l’Etat et l’économie.

                                   D’après les Cahiers de l’Atelier St Joseph – N°1 - février 2006

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